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Comme
la plupart des chefs de petite entreprise non constituée
en société, vous vous posez probablement ces
questions épineuses : Devrais-je constituer mon entreprise
en société ? Si oui, à quel moment? Si
non, pourquoi pas? La réponse facile va comme suit
: « La constitution en société est toujours
bénéfique, puisqu'elle offre de précieux
allégements fiscaux, tout en protégeant mes
biens personnels des créanciers ». Mais comme
toutes les réponses faciles, celle-ci est trop simpliste.
La constitution
ou non en société soulève une diversité
de questions, dont plusieurs ont trait à la date de
création de l'entreprise, à vos besoins de revenus
personnels, à la rentabilité relative de votre
entreprise et aux taux d'imposition dans votre province. Étudiez
bien ces questions avant de prendre votre décision.
Vos besoins personnels. Si vous avez besoin de tous
les bénéfices de votre entreprise pour répondre
à vos besoins financiers personnels, la constitution
en société n'est pas nécessairement la
forme d'entreprise qui vous convient. Le coût d'établissement
et de maintien de la société par actions pourrait
dépasser les avantages fiscaux. Mais si votre situation
financière vous permet de garder une partie des bénéfices
dans la société, la constitution en société
pourrait vous offrir d'importants avantages fiscaux. L'argent
peut alors servir à faire prospérer l'entreprise
ou être investi dans d'autres types de placement non
liés.
Questions et réponses sur l'impôt. En
matière d'imposition, la constitution en société
est une arme à deux tranchants. Dans la phase initiale
de l'entreprise, il est habituellement recommandé de
ne pas la constituer en société, parce que les
pertes subies par une telle entreprise ne peuvent être
refilées aux actionnaires. Dans les premières
années de l'entreprise, il est plus rentable de déduire
ces pertes de vos autres revenus personnels.
Une fois votre entreprise rentable, la constitution en société
peut vous offrir des avantages fiscaux. Si votre entreprise
gagne des revenus d'entreprise exploitée activement
(par opposition à des revenus hors exploitation,
comme des revenus tirés d'autres placements détenus
par le biais de la société) vous pourriez avoir
droit à un allégement fiscal immédiat
et avoir la possibilité de reporter l'impôt à
payer en partie. La raison : le taux d'imposition actuel (18
à 21 %, selon la province) sur la première tranche
de 200 000 $ de bénéfices d'une entreprise active
sous contrôle canadien est assez faible et même
si les actionnaires doivent payer de l'impôt à
un deuxième palier une fois le bénéfice
après impôt versé en dividendes, ce deuxième
niveau ne s'applique qu'au moment du versement. Vous pouvez
donc choisir le moment où vous payez cet impôt
et peut-être réduire votre ponction fiscale
- en déclarant vos dividendes dans les années
où votre revenu personnel imposable est inférieur.
L'emplacement de votre entreprise peut aussi contribuer à
réduire l'impôt davantage. Certaines provinces
le Québec, la Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve
et la Colombie-Britannique offrent une exonération
fiscale aux entreprises au cours des premières années
suivant leur constitution en société et, bien
que le montant de la réduction fiscale varie selon
la province de résidence, le taux d'imposition de 18
à 21 % est effectivement réduit pendant quelques
années.
La constitution en société permet aussi le fractionnement
du revenu. Si votre conjoint ou vos enfants adultes sont des
actionnaires de votre société, tout dividende
qui leur est versé s'ajoute à leur revenu imposable.
Votre société peut également employer
des membres de votre famille, pourvu que leur rémunération
soit raisonnable compte tenu du travail exécuté.
Vous pouvez également reporter certaines dépenses.
Par exemple, une société par actions peut déclarer
à des fins fiscales une prime versée à
un employé, mais en reporter le versement après
la fin de l'exercice. Pour que la société puisse
déduire la prime dans l'année, elle doit la
verser dans les six mois suivant la fin de l'exercice.
Protégez vos biens personnels des créanciers
de l'entreprise. La constitution en société
peut limiter votre responsabilité, car l'actif de l'entreprise
et votre actif personnel sont gardés séparément
et les créanciers de la société peuvent
seulement s'attaquer aux biens de la société.
Mais les banques et les autres fournisseurs obligent
souvent les propriétaires de petite entreprise à
cautionner personnellement leurs obligations et les administrateurs
d'une société peuvent être tenus responsables
de nombreux types de dettes impayées (incluant l'impôt
sur le revenu, la TPS/TVH et la TVP ainsi que les déductions
à la source) de sorte que la constitution en société
ne vous protège pas de tous les créanciers.
Régimes d'assurance et de retraite. Votre société
peut établir un régime de pension agréé
(RPA) et un régime collectif d'assurance-vie et d'assurance-maladie
pour vous et vos employés. Ce type de régime
de pension offre parfois à la retraite des avantages
supérieurs à ceux offerts par les régimes
d'épargne-retraite (RER).
Un exercice à votre choix. Votre société
par actions peut choisir un exercice s'étendant sur
12 mois. Vous pouvez opter pour une fin d'exercice coïncidant
avec des périodes où les activités ou
les rentrées de fonds culminent (facilitant ainsi le
paiement des impôts) ou les dépenses de la société
plafonnent (réduisant peut-être ainsi la ponction
fiscale de votre entreprise).
Planification successorale. Une entreprise non constituée
en société meurt habituellement avec son propriétaire.
Mais l'existence d'une société par actions peut
se poursuivre indéfiniment grâce à la
planification successorale. Il est important de prendre des
mesures pour vous assurer de la rentabilité de votre
entreprise après votre décès et de sa
saine gestion par des membres de votre famille ou d'autres
personnes.
Si, après avoir évalué les pour et les
contre, la balance penche toujours en faveur de la société
par actions, il vous reste encore quelques décisions
importantes à prendre :
- Qui
seront les actionnaires? Vous pouvez nommer des membres
de votre famille actionnaires à des fins de fractionnement
du revenu - mais certaines structures d'entreprise limitent
la capacité d'émission d'actions à
des membres de la famille. Il n'est pas non plus recommandé
d'émettre des actions à des enfants mineurs,
car il pourrait être nécessaire d'établir
une fiducie familiale afin de détenir les actions
en leur nom.
- Qui
sera membre du conseil d'administration? Divers types d'obligations
incombent aux administrateurs. Il ne faut donc pas prendre
à la légère ce genre de décision.
- Qui
devraient être les dirigeants? Il s'agit des personnes
qui ont le droit de signer les contrats, les documents bancaires
et d'autres documents au nom de la société.
Il faut les choisir avec soin et en tenant compte de l'expansion
et de l'orientation envisagées pour votre entreprise.
La constitution
en société présente certes des avantages,
mais assurez-vous d'obtenir l'aide d'un spécialiste financier
avant de prendre votre décision finale. Jacques
Brouillard M. Sc. (Fin), Adm. A. Pl. Fin.
Conseiller en sécurité financière, Conseiller en assurance
et rentes collectives Planificateur financier, Représentant
en épargne collective
LES SERVICES INVESTORS
LIMITÉE*
CABINET DE SERVICES FINANCIERS
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Cette
chronique, rédigée et publiée par Services Financiers Groupe
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pas d'inciter le lecteur à acheter ou à vendre des produits
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