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 L'oeil de l'initié (partie 9) - mars 2002
Par Gilbert Leblanc

Il arrive souvent qu'à l'examen des transactions d'initiés, on constate des transactions importantes. L'investisseur devant de telles indications peut alors facilement s'emballer. Cependant, nous avons constaté au cours des dernières années, que souvent ces transactions (ou d'autres effectuées sur une longue période) sont financées par un prêt de la société faisant l'objet de cette accumulation. Il en découle, que dans ces cas, elles revêtent moins d'importance car l'initié ne débourse véritablement aucun sou de sa poche. De plus, en général, la seule garantie qui est fournie, est la valeur des actions ainsi acquises. Ainsi, si la société connaît des difficultés financières et que sa valeur boursière baisse dramatiquement, l'initié n'a qu'à retourner lui retourner ses actions et ainsi se libérer de sa dette. Ainsi, Greg Maffei, Chef de la direction de 360networks avait obtenu un prêt de 77,5 millions de dollars pour acheter 62 millions de cette société à 1,25 $. La compagnie a par la suite connue de graves difficultés financières qui l'ont poussé à se mettre sous la protection de la Loi sur les faillites et les actions de la société sont tombées en dessous de 0,20 $. Qu'à cela ne tienne, M. Maffei s'est libéré de son emprunt en retournant ses actions à 360networks.

Là où le mat blesse, c'est qu'au moment où la transaction est communiquée aux investisseurs, il est difficile de savoir si elle a été financée par la société. En effet, l'initié n'a pas à communiquer ce détail au moment de sa déclaration. Pour connaître cette information, l'investisseur a peu d'avenues.

La première est d'examiner les communiquées de presse de la société pour vérifier si ce petit détail n'aurait pas déjà été communiqué. Ainsi, AMR Technologies dans un communiqué de presse du 16 octobre mentionnait qu'un emprunt collectif de 450 000 $ avait été mis à la disposition de ses officiers pour leur permettre d'acheter des actions. Ceux-ci, dans le même mois, ont profité de la faiblesse du titre suite au largage d'un important actionnaire pour mettre la main sur 587 700 actions, à prix de 1,05 $. Bien leur en fit car l'action se négocie maintenant au environ de 1,45 $.

La deuxième, plus expéditive est de contacter directement la société et de poser carrément la question, la meilleure personne pouvant y répondre étant souvent son Vice-président Finance. Par exemple, en août 1999, Microtec (TSE - EMI) faisait savoir que des membres de la direction de la compagnie avait acheté, par l'entremise de la Bourse de Montréal, plus de 100 000 de ses actions. Cependant, un appel auprès de la société vous aurait permis de découvrir qu'une partie de ces achats avait été financé par la société elle-même, ce qui réduisait la signification de celles-ci. L'action d'EMI se transigeait à l'époque à 2,00 $ et a terminé l'année 2001, sous la barre de 1,00 $.

La troisième est d'examiner la dernière circulaire disponible de la direction pour la sollicitation de procurations (disponible sur SEDAR), où une section est consacrée à l'endettement des administrateurs et des officiers envers leur société. Ainsi, à titre d'exemple, dans la dernière circulaire de Sico Inc, on indique qu'au 30 mars 2001, l'endettement total de l'ensemble des administrateurs, officiers, employés et anciens administrateurs, officiers et employés de Sico ou de toutes filiales de celle-ci, découlant entre autres de la souscription de titres de Sico (autres que les prêts de caractère courant) s'élevait à 1 154 934 $.

Finalement, la dernière source d'informations est l'examen des états financiers. Parfois, une note va vous révéler que la société a effectué des prêts pour permettre à des initiés d'accumuler de ses titres. Ainsi, toujours en parlant de Sico, la note 5 de ses états financiers pour l'exercice décrit les prêts qu'elle a accordé à ses dirigeants pour leur permettre d'acheter des actions.

Nous énumérons ci-après certaines transactions d'initiés qui ont retenu notre intérêt dans les dernières semaines.

Stantley Brian Findlay a cliqué en novembre et décembre dernier sur ClickHouse.Com Online Inc. (CDNX - CKA, 0,06 $). Ainsi, le 26 novembre, il a acheté 310 000 actions de cette société à 0,07 $. Les 5 et 7 décembre, il en achetait 3 000 autres à un prix de 0,06 $.

Le 7 décembre dernier, Canada VE Investors LP a augmenté sa participation dans Peak Energy Services Ltd (TSE - PES, 2,17 $) , avec l'achat de 80 800 actions à un prix de 2,33 $. Canada VE Investors Lp est une fiducie privée, financée par principalement par des investissuers institutionnels, qui investit dans des sociétés du secteur énergétique.

Le 10 décembre dernier, Grant Forest Products, allant à contre vent de la déprime dans le secteur forestier, a acheté 253 800 actions d'Ainsworth Lumber (TSE - ANS, 5,75 $) à un prix de 5,97 $.

Les initiés ont le "kick" pour Kick Energy Corporation (TSE - KEC, 1,20 $ ). Ainsi, Jeffrey E. Dyck a acheté 36 000 actions de ce producteur pétrolier et gazier de l'ouest canadien à 0,85 $ le 14 décembre dernier. David Vern Eskesen, mettait le grappin sur 114 760 actions à un prix moyen de 0,70 $, entre le 3 et le 5 décembre. Le 14 décembre, c'était au tour de Timothy Hunt, d'accumuler 1 175 000 actions à un prix de 0,85 $. Finalement, Barry James Wasylim terminait l'année, les 22 et 23 décembre avec un achat de 17 600 actions à un prix moyen de 0,67 $. L'avenir nous dira si ces initiés ont réussi leur touché.

Elk Point (TSE - ELK, 2,60 $) et Boundary Creek (CDNX - BRN, 1,45 $) sont deux autres titres pétroliers dont nous avons noté une certaine ferveur de la part des initiés. Ainsi, entre le 17 juillet et le 17 décembre dernier, Aidan Murphy Walsh a acquis 13 607 actions d'Elk Point à un prix moyen de 3,08 $. Craig R. Cartier a mis la main le 17 janvier sur 1 100 actions de Boundary Creek à un prix de 1,00 $.

Franklin Truman Bailey a acheté les 10 et 17 décembre 251 000 actions de Bovar Inc. (TSE - BVR, 0,06 $) à un prix de 0,05 $. Cette société, a effectué dans les derniers mois, une importante restructuration financière, qui a culminé par le versement d'un dividende spécial important à ses actionnaires. La valeur comptable nette par action au 30 septembre 2001 s'élevait à 0,12 $. La Direction de la société étudie des moyens pour relancer celle-ci sur le chemin de la croissance.

À la fin de décembre, les initiés ont accumulé les actions sur Exploration Maude Lake Limitée (CDNX - MAU, 0,14 $). Patrick Bradley a acheté 115 316 actions à un prix moyen de 0,12 $. Anne Slivitzky, quand à elle, mettait la main sur 176 640 actions à un prix moyen de 0,11 $. Maude Lake est une des nombreuses sociétés qui a acquis des claims dans la région Wemindji-Otish, où des découvertes récentes laisse entrevoir la présence de diamants au Québec.

Le 14 décembre dernier, John Charles Lamacraft a acheté 21 900 actions d'Aber Diamond Corporation à un prix moyen de (TSE - ABZ, 22,65 $) . Le principal actif de cette société est sa participation de 40% dans le projet diamantaire Diavik. La production de cette nouvelle mine devrait commencer dans les premiers mois de 2003, à un rythme annuel de 6 à 8 millions de carats par année, représentant ainsi 5% de la production mondiale. Aber a développé des ententes stratégiques avec Rio Tinto Plc, une des plus grandes sociétés minières au monde, qui sera responsable d'opérer la mine, Overseas Diamonds N.V., qui sera responsable de la coupe des diamants et finalement Tiffany & Co., le célèbre bijoutier qui s'est engagé à acheter pour 50 000 000 $EU de la pierre précieuse annuellement. M. Lamacraft, semble considérer le titre d'Aber, comme un véritable bijou, car le 07 décembre dernier, il en achetait 24 900 à un prix de 20,47 $ comme contribution au REER de sa conjointe.

John Duncan Pennal achète régulièrement des actions de Trinorth Capital Inc.(TSE - TRT - 0,24 $). Ainsi, entre le 21 décembre et le 03 janvier dernier, il a mis la main sur 27 500 actions à un prix de 0,29 $.

Mentionné dans une précédente chronique, Bruce Carlos Mitchell continue d'accumuler le fabricant de papiers peints, The Norwall Group Inc. (TSE - NGI, 4,57 $) Ainsi, le 18 janvier, il achetait 8 800 actions à un prix de 4,03 $ pour porter sa participation à 856 300 de celles-ci. M.Mitchell est en train de tapisser sa maison, mur à mur, et il n'est pas le seul car James Patton, le principal actionnaire, a acheté 1 200 actions de la société à 4,50 $ les 30 janvier et 07 février dernier.

Gilbert Leblanc est l'éditeur de la lettre financière The Insider Edge & The Canadian Value Stocks Letter.

Les données et renseignements sont uniquement fournis à titre d'information et non dans le but d'effectuer des transactions. Ni l'auteur, ni The Insider Edge & The Canadian Value Stocks Letter ne sauraient être tenus pour responsables des erreurs ou délais dans le contenu et de leurs éventuelles conséquences. Les liens personnalisés vers d'autres sites ne sont présentés par l'auteur que par souci de commodité. L'auteur et des membres de sa famille peuvent avoir des positions dans les titres mentionnés dans cette chronique.

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